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Marie Plante

Gynécologue-oncologue et chercheuse, Marie Plante reçoit le prix Lumière – Santé pour sa contribution exceptionnelle à la désescalade thérapeutique pour certains cancers du col de l’utérus.

Prix Lumière – Contribution exceptionnelle en Santé

Le prix Lumière des Prix d’excellence en recherche, création et innovation de l’Université Laval souligne une contribution exceptionnelle en recherche qui a projeté un éclairage nouveau sur un sujet précis ou plus largement sur le champ d’études. Cette contribution peut être une avancée, une réalisation, une découverte ou une percée dont les retombées ont eu un impact majeur au sein de la discipline et de ses pratiques.  

Marie Plante, une découverte qui transforme la prise en charge du cancer du col de l’utérus

Gynécologue-oncologue de réputation internationale, professeure titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheuse clinicienne au CHU de Québec–Université Laval, Marie Plante consacre depuis plus de trente ans sa carrière à améliorer les traitements offerts aux femmes atteintes d’un cancer gynécologique. En 2024, avec ses collègues, elle a publié un article dans le New England Journal of Medicine (NEJM) qui redéfinit les standards chirurgicaux dans le traitement du cancer du col de l’utérus diagnostiqué à un stade précoce.

Le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus fréquent et la quatrième cause de décès par cancer chez les femmes à l’échelle mondiale. Depuis 1898, lorsqu’une femme recevait un diagnostic de cancer du col de l’utérus, le standard de soin consistait à effectuer une hystérectomie radicale, une chirurgie complexe qui retire, en plus de l’utérus, des tissus environnants. Comme chirurgienne, Marie Plante suit des patientes après leur opération et constate les effets indésirables qu’une telle chirurgie peut avoir sur la qualité de vie, notamment au niveau sexuel et au niveau de la fonction urinaire. Elle s’est donc demandé s’il était vraiment nécessaire d’effectuer une hystérectomie radicale chez toutes les patientes atteintes d’un cancer du col, même chez celles atteintes d’un cancer de stade précoce. 

Après deux ans de préparation, de financement et de mobilisation internationale, Dr Plante lance l’essai clinique SHAPE en 2012, un projet d’une ampleur exceptionnelle réalisé avec le Canadian Cancer Trials Group et le Gynecological Cancer InterGroup. L’étude, rigoureusement menée auprès de 700 patientes provenant de 130 centres hospitaliers répartis dans 12 pays, compare directement l’hystérectomie radicale à une approche beaucoup moins invasive, l’hystérectomie simple, qui retire uniquement l’utérus et le col. Les patientes ont été suivies pendant un minimum de trois ans suivant leur chirurgie. Les dernières données ont été récoltées en 2019.

Les résultats, publiés dans le NEJM, sont clairs : pour les cancers du col de stade précoce et à faible risque, l’hystérectomie simple offre un contrôle oncologique équivalent à l’hystérectomie radicale (pas plus de décès, pas plus de récidives), tout en diminuant de façon marquée les complications postopératoires. Ainsi, les patientes conservent une meilleure qualité de vie, un enjeu crucial pour des patientes souvent jeunes, diagnostiquées tôt grâce à la vaccination contre le VPH et au dépistage régulier.

Le retentissement de l’étude est immédiat : Dre Plante présente les résultats dans de nombreux congrès internationaux, mais également dans les grands médias. Deux ans plus tard, les résultats de ses travaux sont intégrés dans les recommandations et les guides de pratique chirurgicales internationalement.

Au-delà des bienfaits pour les patientes, cette désescalade thérapeutique en oncologie gynécologique permet également de réduire les coûts des soins, comme l’a confirmé un autre article qu’elle a publié dans le Journal of Gynecologic Oncology en 2024. Dans les pays à ressources limitées, où les chirurgies complexes sont difficilement accessibles, le nouveau standard de soin proposé par Marie Plante et son équipe fait une réelle différence.

« Pour cette contribution exceptionnelle, Marie Plante a fait preuve d’un leadership rassembleur en mobilisant des acteurs incontournables dans la réalisation d’essais cliniques randomisés dans le domaine de l’oncologie et de la gynécologie. Elle contribue de façon significative à l’avancement de la science avec un impact réel sur la transformation des soins en onco-gynécologie et la santé des femmes », confirme la doyenne de la Faculté de médecine, Marie Arsenault. 

Marie Plante a réellement à cœur le bien-être des personnes atteintes de cancer. Elle a cofondé le Centre d’information sur le cancer de l’Hôtel-Dieu de Québec en 1998, a cofondé et dirige encore depuis 1997 la Clinique pour les cancers familiaux à l’Hôtel-Dieu de Québec et est responsable de la recherche clinique en gynécologie oncologique. Elle est impliquée dans plusieurs comités éditoriaux et sociétés scientifiques, notamment au sein du Cervical Cancer Research Network. Son leadership, sa vision et sa rigueur ont permis de changer la vie de milliers de femmes à travers le monde.

Pour lire l’article détaillant la contribution exceptionnelle

Marie Plante, Janice S. Kwon, Sarah Ferguson et al. (2024), Simple versus Radical Hysterectomy in Women with Low-Risk Cervical Cancer, New England Journal of Medicine, 2024;390:819-29.

DOI: 10.1056/NEJMoa2308900