Laurence Dion-Albert
Pour ses avancées dans la compréhension des différences liées au sexe dans la dépression et des impacts du stress sur la barrière protectrice du cerveau, Laurence Dion-Albert reçoit le prix Élan – thèse de doctorat de l’année en Santé.
Prix Élan – thèse de doctorat de l’année en Santé
La Faculté des études supérieures et postdoctorales et le Vice-rectorat à la recherche, à la création et à l’innovation de l’Université Laval reconnaissent par le prix Élan la qualité exceptionnelle de la recherche doctorale et récompensent l’étudiante ou l’étudiant qui a produit une thèse d’exception dans chacun des trois secteurs de recherche suivants : Nature et technologies, Santé et Société et culture.
Laurence Dion-Albert, vaincre les barrières freinant la compréhension de la dépression
La dépression, un des troubles de santé mentale les plus répandus, touche plus fréquemment les femmes que les hommes et se manifeste différemment selon le sexe, un aspect longtemps négligé en recherche. Intitulée « Sex-dependent regulation of cerebrovascular integrity in chronic social stress and depression », la thèse en neurosciences de Laurence Dion-Albert, propose une nouvelle façon de comprendre la maladie. Elle s’intéresse aux vaisseaux sanguins du cerveau et à la barrière hémato-encéphalique (BHE), qui représente la frontière ultime entre le sang et le cerveau, empêchant l’entrée de substances potentiellement nocives et contribuant au fonctionnement des circuits cérébraux impliqués dans les émotions.
Alors qu’elle effectue un baccalauréat en neurosciences à l’Université de Montréal, Laurence Dion-Albert lit dans La Presse un texte de vulgarisation signée par Caroline Ménard. Les travaux de cette jeune chercheuse l’intriguent et elle prend contact avec la nouvelle professeure de l’Université Laval, qui ouvre le Menard Neuro Lab, imbriqué dans le Centre CERVO. Laurence Dion-Albert choisit alors de poursuivre ses études à la maîtrise à l’Université Laval en 2019, sous sa direction, et de participer à l’établissement du laboratoire. Ses compétences en recherche lui valent un passage accéléré au doctorat.
La première partie de sa thèse, axée sur les impacts du stress sur la barrière protectrice du cerveau et les différences sexuelles qui y sont liées, a été publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications en 2022. L’importance de cette recherche lui a valu d’être conférencière invitée à des événements internationaux majeurs et dans des événements de vulgarisation scientifique. De plus, le magazine Québec Science a choisi cette percée pour son palmarès des 10 découvertes de l’année.
Laurence Dion-Albert a ensuite exploré le rôle des péricytes, des cellules qui contribuent à maintenir l’intégrité vasculaire et le bon fonctionnement du cerveau, dans la réponse au stress et le développement de la dépression. Leur dysfonctionnement favorise la vulnérabilité au stress, tandis que le renforcement de leur fonction favorise la résilience. Sur ce sujet, un article est présentement en deuxième ronde de révisions pour Nature Neuroscience.
Sa directrice de thèse, Caroline Ménard, ne tarit pas d’éloges envers son ancienne doctorante. « Une des forces des réalisations de Laurence Dion-Albert est le caractère translationnel de ses travaux de recherche. Elle a toujours cherché à valider le potentiel de ses découvertes obtenues dans des modèles animaux sur des échantillons humains, dupliquant leur impact. »
Ainsi, les recherches menées par Laurence Dion-Albert ouvrent la voie à l’identification de nouveaux biomarqueurs de la dépression et au développement de traitements innovants. En considérant les différences biologiques entre les sexes, mais également le fait que la dépression n’a pas que des effets sur le cerveau, mais bien sur le corps au complet, les résultats de ses recherches contribuent à l’avancement de la médecine personnalisée en santé mentale. Ils offrent de nouvelles perspectives pour mieux prévenir et traiter la dépression à l’échelle mondiale.
Toujours passionnée par les découvertes, Laurence Dion-Albert est aujourd’hui associée de recherche dans une biotech, Saguaro Bioscience, une jeune entreprise issue de l’Université Laval. Son esprit aiguisé participera à faire progresser la compréhension des maladies et à améliorer le succès de la découverte de nouveaux médicaments.
Pour lire la thèse primée