Edel Pérez-López
Figure montante de la recherche en agriculture, Edel Pérez-López reçoit le prix Impulsion – Début d’une carrière prometteuse pour le façonnement d’un nouveau champ d’études : la phytoprotection durable.
Prix Impulsion – Début d’une carrière prometteuse
Le prix Impulsion des Prix d’excellence en recherche, création et innovation de l’Université Laval met en relief l’excellence de la recherche d’une personne membre du corps professoral nouvellement embauchée et célèbre la mise en mouvement stimulante d’une carrière prometteuse.
Edel Pérez-López, un engagement durable envers la science inclusive
En l’espace de quelques années seulement, Edel Pérez‑López s’est imposé comme l’une des figures importantes de la recherche en agriculture durable au Canada. Professeur agrégé au Département de phytologie de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les invasions d’insectes vecteurs et les maladies émergentes des plantes, il a façonné un nouveau champ d’études : la phytoprotection durable. À l’intersection de la génomique, de l’écologie, de la biologie des insectes et de l’intelligence artificielle, son programme de recherche adopte une vision systémique et redéfinit la manière dont on protège les cultures à l’ère des changements climatiques.
Arrivé à l’Université Laval en 2020 en pleine pandémie, alors qu’il ne parlait qu’espagnol et anglais, Edel Pérez-López a rapidement démontré une capacité exceptionnelle à bâtir un programme scientifique d’envergure internationale tout en apprenant le français. Son laboratoire, l’EdeLab, est aujourd’hui le seul au pays entièrement dédié à une approche intégrée des interactions plante–microbe–insecte, une démarche qui permet d’aborder simultanément les maladies émergentes, les ravageurs et les effets du climat.
Ses avancées scientifiques ont été déterminantes dans deux menaces agricoles majeures : la hernie des crucifères, une maladie touchant entre autres les plants de canola, et les cicadelles, de petits insectes ravageurs et vecteurs de maladies. La présence croissante de ces insectes au Québec est un marqueur direct du réchauffement climatique.
La hernie des crucifères cause annuellement des pertes de plus de 500 M$ en Amérique du Nord. Grâce à des outils mêlant génomique, intelligence artificielle et écologie prédictive, l’équipe d’Edel Pérez-López a identifié les mécanismes utilisés par l’agent pathogène causant la maladie pour contourner les défenses des plantes. Leurs travaux ont directement alimenté des programmes de sélection du canola visant des variétés plus résistantes et orienté de nouvelles stratégies de gestion durable. Pour les cicadelles, l’équipe a repéré la présence de nouvelles espèces au Canada ravageant les champs de petits fruits et dévoilé comment leur dynamique évolue avec les conditions environnementales.
Le scientifique est également le moteur d’initiatives structurantes, dont LeafHope, un réseau pancanadien réunissant universités, organismes publics, entreprises et plus de 150 producteurs canadiens. Ce programme vise à réduire l’usage d’insecticides et, par le fait même, les émissions de gaz à effet de serre en exploitant l’IA, le biocontrôle et la surveillance environnementale. Le travail de concert avec les agriculteurs, les associations de producteurs et les ministères fait partie de la signature des projets d’Edel Pérez-López. Il s’assure que ses recherches font une réelle différence dans les champs, que ce soit au Québec comme au Chili.
Communicateur engagé, il fait rayonner ses travaux à une échelle exceptionnelle : plus de 80 articles scientifiques et 170 présentations depuis 2020, un balado trilingue — EdeLab & Research Explained — écouté dans 65 pays, et une communauté de plus de 25 000 abonnés sur les réseaux sociaux où il vulgarise ses découvertes. Son leadership se reflète aussi dans son engagement envers une science inclusive. Défenseur des droits LGBTQ+, cofondateur du réseau Pride in Microbiology, mentor de plus de 80 étudiantes et étudiants provenant de 16 pays, il fait de son laboratoire internationalement reconnu un milieu ouvert et bienveillant.
La pertinence du programme de recherche d’Edel Pérez‑López a été reconnue par plusieurs prix, dont le prix William Boright Hewitt et Maybelle Ellen Ball Hewitt décerné par la Société américaine de phytopathologie et le prix Hubert-Reeves décerné par le Gouvernement du Québec. « Bien que sa carrière soit encore jeune, les retombées de son programme sont déjà mesurables : réduction de l’usage de pesticides au Québec, amélioration génétique de variétés plus résistantes aux nouvelles réalités climatiques, stratégies de gestion durables des ravageurs, renforcement de l’écosystème AgTech canadien et développement de ressources multilingues de transfert des connaissances », énumère avec admiration le doyen de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation, Denis Roy. Scientifique engagé, mentor inspirant, Edel Pérez‑López récolte déjà les succès, pour le plus grand bienfait de notre avenir alimentaire.