François Giard
Pour son court-métrage d’animation La première image du monde, qui réfléchit à notre rapport aux images à travers la voix de penseuses et penseurs célèbres, François Giard reçoit le prix Audace – Excellence en création et recherche-création.
Prix Audace – Excellence en création et recherche-création
Le prix Audace des Prix d’excellence en recherche, création et innovation de l’Université Laval met en lumière l’audace et l’excellence d’une création ou d’une démarche de recherche-création en milieu universitaire diffusée au cours des cinq dernières années.
Repenser la représentation dans un monde saturé d’images avec François Giard
Professeur agrégé à l’École de design de la Faculté d’architecture, d’aménagement, d’art et de design l’Université Laval et chercheur affilié au Centre CERVO et à l’OBVIA, François Giard est aussi un artiste maintes fois primé. Après des débuts dans des médiums plus classiques, comme la peinture, il se tourne rapidement vers l’art médiatique et immersif. Pour un musée, il réalise notamment une œuvre projetée dans un dôme, à une époque où ce type d’expérience est encore très rare. La vive réaction physique du public lors de la diffusion l’a mené à s’inscrire aux études supérieures pour approfondir sa compréhension du rapport de l’humain à l’image animée. Aujourd’hui spécialiste de l’animation, des effets visuels et des technologies numériques, François Giard conjugue la création avec ses fonctions de professeur, de directeur de la maîtrise en design avec mémoire et de directeur du baccalauréat et du certificat en art et science de l’animation.
Parmi les pôles d’intérêt de ce chercheur-créateur figurent le rôle de l’image dans la conscience humaine, les dispositifs de représentation et la prolifération visuelle contemporaine. Dans ce contexte, François Giard a créé le court-métrage de fiction documentaire La Première image du monde, réalisé à l’aide de différents outils d’intelligence artificielle générative. L’œuvre se présente comme une méditation philosophique incarnée : Schopenhauer, Kant, Sontag, McLuhan, Godin ou encore Varela y prennent tour à tour la parole pour discuter de la première image façonnant la conscience humaine. Les citations tout comme les images ne sont pas tirées d’ouvrages ou d’entrevues, mais bien générées par un outil d’IA comme une réponse plausible qu’auraient donnée ces penseuses et penseurs si on les avait interrogés sur le sujet. Pour les voix, lorsque des enregistrements étaient disponibles, François Giard a généré des synthèses vocales. Le film bouscule les codes de l’image contemporaine et réinvente notre rapport au réel, tant par sa forme que par son propos.
Le doyen de la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design, Frédéric Lépinay, souligne le caractère transformateur de l’œuvre : « François Giard ne se limite pas à utiliser les technologies émergentes : il les interroge. En alternant volontairement les registres visuels – du photoréalisme à l’artificialité assumée – il place la personne spectatrice dans une position active de doute et d’analyse. Cette approche, entièrement nouvelle dans le contexte de l’animation et de la recherche-création, témoigne d’une audace remarquable. »
Le succès international de La Première image du monde confirme la force du projet : le film a été présenté dans plus de 40 festivals et a remporté 16 premiers prix notamment à Berlin, Milan, New York, Paris, Stockholm et Montréal, en plus de recevoir plusieurs nominations et mentions honorifiques. L’œuvre a permis à l’Université Laval de rayonner à l’échelle mondiale et de se positionner comme un pôle incontournable dans la réflexion et la recherche-création sur l’image de synthèse et l’intelligence artificielle.
Depuis l’automne 2025, François Giard offre un cours entièrement consacré à la création et à l’IA générative. « Pour moi, l’IA permet de dédier plus de temps à l’acte créatif, moins à l’acte technique. Elle ne fait pas le travail à notre place; elle est un outil sophistiqué. Elle permet de créer des œuvres incroyables avec des moyens financiers nettement moins grands qu’avant. J’ai bon espoir qu’elle permettra un renouveau créatif. »